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Mardi 5 mai 2009 2 05 /05 /2009 22:33

Interview de Xavier Bertrand, Secrétaire Général, parue le 5 mai dans le Figaro.
Propos recueillis par Jean-Baptiste Garat et Judith Waintraub


LE FIGARO - Quel bilan tirez-vous de deux ans de présidence Sarkozy ?


Xavier BERTRAND - L'heure n'est pas au bilan. Ce sont deux années d'action. À la différence de ce qui se pratiquait auparavant en temps de crise, nous ne sommes pas revenus sur nos engagements, parce que nous sommes convaincus que les réformes engagées nous permettront de sortir plus vite et plus fort du marasme. Quand il y a une crise, il ne faut pas être fragile sur ses convictions.

Que répondez-vous à ceux qui, comme Alain Juppé, préconisent un aménagement temporaire du bouclier fiscal ? 


Je ne partage pas cette vision des choses. Pas par idéologie, par souci d'efficacité et de crédibilité. Il y a trop de dépenses publiques inutiles en France et donc trop d'impôts. Les augmenter serait une absurdité sans nom, car il vaut mieux injecter de l'argent dans l'économie, ce qui profitera toujours à l'État, que verser directement dans les caisses de l'État de l'argent qui ne profitera pas à l'économie. De plus, faire ce que l'on a promis, c'est aussi une façon de réconcilier les Français avec la politique.


Pourquoi avoir reculé sur l'hôpital ?

Il n'est pas question de cela. Des clarifications ont été nécessaires pour montrer que les médecins n'étaient pas évincés de la nouvelle gouvernance des centres hospitaliers. L'hôpital reste un service public, mais pour préserver notre système de santé, qui est le meilleur au monde, il ne faut pas s'exonérer des principes de bonne gestion. Les hôpitaux qui sont aujourd'hui dans les situations financières les plus saines sont d'ailleurs ceux qui ont les meilleurs résultats médicaux.


Le MoDem accuse l'UMP et le PS de centrer volontairement la campagne européenne sur les sujets nationaux pour ne pas parler d'Europe. Que répondez-vous ? 


Ni le MoDem, ni le PS ne sont cohérents ! Ce sont eux qui mettent au cœur du débat l'action du président et de la majorité, parce qu'ils sont en panne d'idées sur l'Europe. Nous, nous sommes prêts à parler de tout ce qui intéresse les Français, mais notre priorité, c'est l'Europe. C'est pourquoi j'ai hâte de défendre ce que nous voulons pour l'Europe. Le débat public a besoin de plus de politique et de moins de polémique. Tous ceux qui seront dans le registre de la polémique seront sanctionnés par les électeurs.


Qu'avez-vous prévu pour le deuxième anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy ? 


Nous organisons un événement qui n'a pas vocation à être festif, mais politique : une journée portes ouvertes ici, rue La Boétie, couplée avec une réunion des nouveaux adhérents Salle Gaveau. Nos militants pourront rencontrer des membres de l'équipe dirigeante qui expliqueront l'action du gouvernement. François Fillon sera également présent.


Et Nicolas Sarkozy ? 


Non, ce n'est pas prévu.


Quel bilan tirez-vous de vos cent jours à la tête de l'UMP ? 


Notre programme de réformes commence à se mettre en place au sein du mouvement, mais je veux passer à la vitesse supérieure. Être davantage encore sur le terrain, accélérer la révolution Internet, prévue pour cet automne. La nouvelle UMP sera un vrai mouvement populaire et, aussi, une force de proposition. Nous nous sommes emparés de la réforme des collectivités locales, sur laquelle nous serons courageux et exemplaires, quitte à avoir moins d'élus. Nos militants se prononceront sur le sujet par vote électronique, après les européennes. Le parti sera aussi au rendez-vous de la répartition des profits. Frédéric Lefebvre et Éric Besson rendront leurs propositions avant l'été.


Où en sont les adhésions ? 


Par rapport à l'année dernière à la même époque, nous avons 20 % de nouvelles adhésions supplémentaires. Une véritable dynamique est en train de se recréer, dont l'un des moteurs les plus puissants est la volonté très forte de soutenir l'action du président et du gouvernement, d'autant plus forte que les attaques systématiques se multiplient contre Nicolas Sarkozy.


Et votre projet de déménagement ?


La décision finale sera prise à l'automne, mais comme nous aurons vraisemblablement d'importants travaux à réaliser, le déménagement n'aura sans doute lieu qu'en 2010.Secrétaire général de l'UMP, c'est mieux que ministre ?


Mes fonctions ministérielles m'ont passionné mais je n'ai aucune nostalgie. Quitter le gouvernement a été un choix. Être secrétaire général permet de travailler davantage en équipe. Ici, quelles que soient les ambitions qu'on peut avoir, on se met au service de sa famille. C'est une règle valable pour tous, mais lorsqu'on est à la tête d'un mouvement, on doit l'avoir en permanence à l'esprit. Je peux aussi mettre plus en avant les valeurs auxquelles je crois, même si je veux privilégier le débat. Avoir des références et des repères n'oblige pas à être dogmatique. Et puis je couvre davantage de sujets que si j'étais encore au gouvernement, où chaque ministre a son

domaine.Est-ce une bonne préparation à la présidentielle ?


Je ne conçois pas la présidentielle comme les Jeux Olympiques, même s'il y a déjà des candidats déclarés pour 2012 et 2017. je m'étonne d'ailleurs qu'il n'y en ait pas pour 2022 et 2027 ! Les Français sont loin de tout cela, surtout en ce moment, et ils ont bien raison !
Par Eric ANDRE - Publié dans : Les informations UMP - Communauté : Les sympathisants de l'UMP
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